ANALYSES ET GUIDES

Conseils pour choisir et remplacer les flexibles hydrauliques assemblés

Actualité d’archive : ce texte est la traduction française d’un article source daté de 2016. Les personnes citées, les statistiques et les prévisions se rapportent à la période de publication initiale.

Les flexibles et raccords sont essentiels à tout système hydraulique. Ils conduisent le fluide de la pompe vers les vannes, moteurs et actionneurs, qui utilisent sa pression et son débit pour produire les mouvements et forces nécessaires au travail. 

La plupart des flexibles comportent trois couches fonctionnelles : tube intérieur, renforts et enveloppe, assemblés en une structure multicouche ou composite souple. Cette souplesse permet le mouvement, la flexion, le passage dans les cloisons, l’amortissement des pointes de pression et la résistance aux vibrations, contrairement aux conduites rigides. Les flexibles sont fabriqués et testés selon des spécifications comme SAE et EN. Les ingénieurs doivent connaître celles de l’équipement concerné. Elles précisent les dimensions, propriétés des matériaux et performances minimales des principaux types de flexibles et raccords. Le tube intérieur transporte le fluide et est généralement en caoutchouc ou en plastique. Il est essentiel qu’il résiste aux fluides qu’il transporte et avec lesquels il entre en contact, ainsi qu’à la pénétration de produits chimiques et aux températures élevées ou basses. Les renforts comprennent des fibres naturelles et synthétiques, des fils, des câbles et des monofilaments. Ils aident les flexibles à supporter les pressions internes et externes. Les enveloppes, généralement en caoutchouc, plastique ou textile, protègent les renforts de l’environnement. Elles résistent à l’abrasion, aux produits chimiques, aux intempéries et à l’ozone.

Les raccords assurent une liaison étanche avec le flexible et le relient aux autres composants hydrauliques. La plupart comportent un embout et une douille. L’embout conduit le fluide, se fixe au flexible et assure l’étanchéité. La douille s’attache aux renforts et protège l’assemblage contre l’environnement. Les deux sont généralement en acier au carbone ou inoxydable, parfois plaqués ou revêtus pour mieux résister aux produits chimiques et à la corrosion. Il existe des raccords monoblocs et en deux pièces. Sur les premiers, embout et douille sont préassemblés ou sertis ensemble ; sur les seconds, ils sont séparés puis réunis par sertissage. L’extrémité de connexion relie sans fuite le flexible à un orifice, un adaptateur ou un autre flexible. Les normes, dont SAE J516, définissent de nombreux types. Comprendre leur assemblage est essentiel pour choisir la connexion adaptée.

La plupart des fluides hydrauliques sont à base de pétrole ; d’autres à base d’eau, d’eau-glycol ou de produits synthétiques comme les esters phosphoriques. Les fuites ayant pollué les sols et l’eau, le secteur se tourne vers des fluides plus écologiques. Ces fluides sont généralement synthétiques, surtout à base d’esters, ou végétaux. Les huiles végétales gagnent en popularité car elles coûtent moins cher et sont plus biodégradables que les synthétiques. Elles lubrifient bien et possèdent un indice de viscosité élevé, mais leur plage de température est limitée et elles s’oxydent vite à chaud. Les fluides biodégradables, favorables à l’environnement, sont agressifs pour les flexibles. Ils traversent les tubes standards, provoquent des cloques et un suintement sur l’enveloppe, puis des défaillances prématurées et un mélange d’huile et de saleté. La plupart des fabricants utilisent des tubes en nitrile de qualité pour ces fluides. Le nitrile résiste aux esters synthétiques, polyglycols et huiles végétales jusqu’à 250°F. Il est aussi moins perméable que le néoprène avec les huiles pétrolières. La perméation, ou effusion, désigne la perte de fluide à travers le tube et le flexible. Comme elle peut exposer tout l’assemblage au fluide, vérifiez la compatibilité du tube, mais aussi des renforts, enveloppes, raccords et joints. Il en va de même pour les huiles spéciales et les produits chimiques. La résistance chimique est le critère principal : quels fluides circuleront ? Quels liquides ou gaz pourraient traverser le tube et affaiblir les renforts ? Quelles substances toucheront l’enveloppe en service ou pendant le nettoyage ? Quels produits corrosifs toucheront l’alésage, la douille et l’extrémité du raccord ? Utilise-t-il des joints toriques ou élastomères ? Les fluides internes sont-ils compatibles avec les joints ? Les contacts seront-ils continus ou intermittents ? Quelles sont les concentrations et l’influence de la température ?

Plusieurs ressources décrivent la résistance chimique des matériaux. Un guide présente les propriétés générales des mélanges du tube et de l’enveloppe. Par exemple, les EPDM de type P résistent très bien aux intempéries et à l’ozone, mais mal aux huiles pétrolières ; les butadiènes de type C présentent l’inverse. Ces classements orientent vers une famille, mais restent généraux : tous les nitriles ne sont pas identiques, car chaque mélange contient de nombreux ingrédients et peut être adapté aux exigences d’une application. Les tableaux de résistance chimique des fabricants constituent une deuxième ressource : ils indiquent la compatibilité des produits courants avec les matériaux. Enfin, les catalogues et spécifications techniques précisent les substances auxquelles chaque flexible a été conçu pour résister.

La fiche de données de sécurité, ou MSDS, permet de déterminer la compatibilité chimique des fluides rares, propriétaires ou commercialisés sous une marque. Elle indique souvent les composants chimiques et leur proportion. Elle donne aussi des recommandations de manipulation, de stockage et de protection, en mentionnant des matériaux compatibles, comme les gants en néoprène.

Les meilleures sources pour les cas particuliers sont les fabricants de flexibles, leurs services techniques et leurs ingénieurs d’application. Ils connaissent les mélanges et matériaux des raccords et peuvent solliciter chimistes, ingénieurs et laboratoires pour réaliser des essais lorsqu’aucune donnée publiée n’existe.

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